L'effet « coupe-faim » des protéines (source : communiqué de presse CNRS - INSERM)

 

L'effet « coupe-faim » des protéines est utilisé depuis longtemps dans les régimes alimentaires et le traitement de l'obésité. Des travaux issus d'une collaboration entre le CNRS, l'Inserm, l'INRA et l'Université Claude Bernard - Lyon 1, expliquent son origine : l'ingestion de protéines stimule la synthèse de glucose par l'intestin et génère ainsi un signal de satiété pour le cerveau.

L'un des mécanismes induisant cette sensation, serait dépendant de l'absorption du glucose apporté par les aliments. Lorsqu'il est libéré dans la veine porte, le glucose est détecté par des cellules spécialisées connectées au système nerveux périphérique. Ce dernier transmet l'information au cerveau, qui une active la région cérébrale impliquée dans le contrôle des sensations de faim et de satiété : l'hypothalamus. La sensation de faim est ainsi progressivement diminuée.

Dans une étude précédente, l'équipe de Gilles Mithieux (CNRS), de l'Unité Mécanismes Moléculaires du Diabète (Inserm – INRA - Université Claude Bernard - Lyon 1) avait décrit une fonction de l'intestin attribuée initialement au foie et aux reins : La néoglucogenèse.

Cette fonction est généralement sollicitée pour synthétiser du glucose en cas de déficit alimentaire (jeûne plus ou moins prolongé) et maintenir la glycémie à un niveau suffisant.

De ce fait, les chercheurs ont voulu savoir si la néoglucogenèse intestinale pouvait jouer un rôle dans les sensations de faim et de satiété prenant place après l'assimilation des aliments. Ils ont réalisé une série de tests chez des rats soumis à différents régimes alimentaires. Ils montrent que les gènes nécessaires à la néoglucogenèse dans l'intestin sont fortement induits chez les rats nourris avec un régime riche en protéines. La synthèse de novo de glucose et sa libération dans la veine porte persistent ainsi après la phase d'assimilation du glucose alimentaire. Le message “glucose“ transmis au cerveau persiste lui aussi, tout comme la sensation de satiété qu'il déclenche. Il en résulte une diminution de la prise alimentaire de ces rats, qui grossissent moins.

Ces travaux fournissent l'explication mécanique de l'effet “coupe-faim” des protéines chez l'homme, un phénomène utilisé lors des régimes hyperprotéinés. Par conséquent, cet effet coupe faim des protéines aident à maigrir. Des apports optimisés sont même indispensables pour une personne qui souhaite perdre du poids et conserver sa perte de poids.